POUR MOI… VARENNES, MARS 1991

 
Pour moi, la peinture est une présence constante et harmonieuse, au centre du « sacré » et de l’amour des couleurs en devenir… Par son caractère puissant, aux immenses « arches » découpées, comme les voûtes monumentales à la dimension planétaire, cette peinture se transforme jusqu’à la magie et s’ouvre à la joie.

Du noir au rouge, par ses sources, par ses pulsions de construire un monde nouveau parmi les couleurs vibrantes, par les disques hors du temps, le voyage est plus lyrique et l’œil s’échappe un moment aux cris du cœur et de l’âme. L’abstraction pure, en volumes répand les mécaniques solaires, s’enfonce dans la matière vitrée comme le jour.

L’arrêt du temps se retrouve dansant sur l’espace ; le présent et le passé ont en action leurs équilibres dans les rythmes et les contours des formes. Le phénomène brille de l’irradiation solaire et englobe la masse, se répand sur les fragments en prisme devant le regard, et chahute la toile… ébranlant également les plans de la couleur.

L’invention est plastique et la forme se cristallise dans le discours autour du néant, en des passages circulaires et peints rigoureusement.

Parmi les cercles obsessionnels, le mouvement tourne et tourne sans arrêt. Les lignes noires sont tracées à la règle et au compas, mais l’esprit ponctue et alimente le feu de l’infini pour fixer la cadence et s’étendre sur l’éternité de la blanche clarté.

Comme une attraction des éléments, qui encadre et souligne un rituel, c’est une verrière lumineuse qui jaillit dans ce monde où la sérénité et l’amour sont le point ultime d’une évocation. En effet, la vibrance porte l’âme moyenâgeuse dans les plis du mouvement. La toile nue s’ouvre sur un ciel d’eau incolore.

C’est au cœur d’une improvisation bien ordonnée et dynamique qu’une telle exploration plastique prend son envol, car dans le geste, elle tend à créatrice toujours.

La couleur chante entre le rêve et la vie.
C’est la poésie d’une alliance avec le soleil.

Jean-Paul Jérôme,
Atelier « La Batelière »
Varennes, mars 1991