UNE RÉFLEXION DU PEINTRE SUR SON TRAVAIL AU DÉBUT DE 1986

 
Le carton est au service de la couleur où il se confond simultanément par les diverses parties peintes et les interstices alloués. Ce sont des rayures animées par la granulation plus sensible des fonds.

Le fond du papier nous laisse des blancs purs qui tranchent les zones, fait vibrer davantage l’espace, rythme l’ensemble d’une pulsation élancée. Le geste dans son écriture propre peut vivre sublimé.

Pareillement, dans un même temps, la couleur reçoit en concordance l’image de la composition. L’effet révèle une impression musicale, la tablature des heures… La transmutation est totale. La vertu presque magique de retenir la lumière entraîne le rêve et son discours plastique.

Au-delà de la technique, du travail précis et de la nature, c’est un chant d’amour, un hymne à la beauté. Ici, la peinture traduit une harmonie extrême. Elle savoure les randonnées intemporelles inhérentes à l’art, c’est une transe du regard.

Là-dessus, les tons sont d’argile. Une présence nocturne en partance jaillit et, là encore, les tons filent en silence en cette solitude vers l’univers cosmique très intense d’un monde imaginaire. Sans en faire une description, espace et profil organisés, tout se découpe à l’infini. Tout l’enchantement des ailleurs… Je reste à l’écoute d’aimer dans mon langage de peintre.

Jean-Paul Jérôme 86

Membre de l’Académie Royale des Arts du Canada
Acryliques sur carton préparé et sur papier de Fabriano