JEAN-PAUL JÉRÔME

La couleur, la lumière, la forme

Né à  Montréal le 19 février 1928, Jean-Paul Jérôme manifeste, bien avant d’avoir été admis à  l’école primaire, des dons pour le dessin et la peinture, talents qui alimenteront bientôt une passion aussi profonde que permanente.

Né à Montréal le 19 février 1928, Jean-Paul Jérôme manifeste, bien avant d’être admis à l’école primaire, des dons pour le dessin et la peinture, talents qui alimenteront bientôt une passion aussi profonde que permanente.

C’est ce qui le conduit à l’École des beaux-arts de Montréal où, de 1943 à 1951, il apprend à maîtriser les différentes techniques picturales, notamment celle de la fresque sous la direction de Stanley Cosgrove.

Au terme d’une brève période d’inspiration cubiste consacrée au paysage et à la nature morte, il aborde, dès 1953, le domaine de l’abstraction en laissant dériver sur le lin de larges aplats de couleur. Il adopte alors un vocabulaire géométrique au style dépouillé que sous-tend un contrôle plastique absolu.

1993, Atelier La Batelière à Varennes

En 1955, Jérôme fonde, en compagnie de trois de ses amis peintres, Rodolphe de Repentigny (alias Jauran), Louis Belzile et Fernand Toupin, le groupe des Plasticiens, dont le manifeste paraîtra en février. Puisant ses préceptes chez Cézanne et Mondrian, ce texte exercera une influence marquante sur toutes les générations de peintres qui suivront au Québec.

Souhaitant pousser plus loin son aventure picturale, Jean-Paul Jérôme se rend à Paris et y séjourne de 1956 à 1958. Durant cette période, via entres autres sa relation avec la Galerie Denise René, il côtoie Alberto Giacometti, Victor Vasarely,  Jean-Michel Atlan, Jean Arp, Serge Poliakoff, Jean Dewasne, sans oublier Richard Mortensen, avec lequel il partagera une profonde passion pour la maîtrise des formes et des couleurs. Il se lie également d’amitié avec le sculpteur Emile Gilioli et les peintres Hans Hartung et Martin Barré. Jérôme fréquente l’atelier de ce dernier, en plus de suivre de façon assidue les expositions de la Galerie de France et de la Galerie Arnaud. Lui-même exposera à la Galerie Arnaud au cours de l’automne 1957.

De retour au Canada en novembre 1958, il est engagé comme professeur d’arts plastiques à l’École des beaux-arts de Montréal ; il transmet aussi son art, ses connaissances et sa culture aux élèves des commissions scolaires de Montréal et de Sorel.

Il quittera le monde de l’enseignement en 1973 pour se consacrer entièrement à son œuvre picturale. Son incessant cheminement artistique le pousse à installer son atelier à la campagne, sur la rive sud du Saint-Laurent ; il travaillera notamment à Saint-Ours, au bord du Richelieu, de même qu’à Saint-Laurent-du-Fleuve, à Saint-Roch et à Varennes.

Sans pour autant délaisser l’atmosphère champêtre de ces grands espaces, il rachète, en 1976, la résidence familiale de son enfance, à Montréal, pour en faire son pied-à-terre et y aménager un lieu tout entier voué à son œuvre. À cet espace de création s’ajoutera ultérieurement un second atelier, plus vaste, qu’il nommera l’Antre lumineux, où il pourra diversifier et parachever son art.

En 1978, Jean-Paul Jérôme est reçu membre de l’Académie royale des arts du Canada, honneur et titre qui lui sont décernés en reconnaissance de son apport magistral à l’art canadien.

Sa peinture s’impose dès lors auprès des connaisseurs et des collectionneurs du milieu de l’art comme du grand public. Assurés d’un accueil aussi chaleureux que conforme au tempérament du peintre, plusieurs d’entre eux se mettent à fréquenter son atelier, qui leur est ouvert tous les jours, de sept heures du matin à quatre heures de l’après-midi.

Mû à la fois par une intense passion et une fidélité inébranlable aux postulats de ses débuts, Jean-Paul Jérôme n’hésite pourtant pas à explorer les techniques ainsi que les matériaux les plus divers : il donne libre cours à sa sensibilité non seulement dans ses huiles et ses acryliques, mais il produit aussi des encres, des pastels, des fusains, des sanguines et des sépias d’une haute tenue ; il déploie formes et couleurs aussi bien sur la toile, le papier et le carton que sur le bois et le verre, et il s’intéresse encore au collage, à la céramique, à la tapisserie et au vitrail. Quant à ses sculptures sur laiton et sur bois polychrome, à ses reliefs et à ses monumentales architectures de béton, ces pièces rivalisent fièrement avec ses tableaux de chevalet et d’établi.

Si l’artiste maîtrise si parfaitement les arcanes de la peinture, c’est avant tout parce qu’il sait dessiner. Il sait occuper l’espace de la toile, de la même manière qu’il investit son atelier, tout imprégné de musique, de lecture et d’écriture. À un point tel qu’il nous a lui-même laissé des textes dans lesquels il se plaît à définir son art et à cerner les différentes étapes de sa création.

Et son activité débordante ne s’arrête pas là. Au cours de sa longue carrière, l’artiste aura participé à plus d’une centaine d’expositions, tant individuelles que collectives, dans des galeries et des musées situés aux quatre coins du pays. En 2001, le Musée du Bas-Saint-Laurent lui rendait un vibrant hommage en présentant une rétrospective de ses œuvres, exposition qui a circulé pendant les quatre années suivantes partout au Canada. Par ailleurs, en 2005, le Musée de Sherbrooke consacrait une spectaculaire rétrospective aux Plasticiens, afin de souligner le cinquantième anniversaire de la parution de leur manifeste et de mettre en relief les principales périodes créatrices de Jean-Paul Jérôme.

L’artiste n’aura cependant pas eu la chance d’assister à cette consécration, puisqu’il décédera le 14 août 2004, à l’âge de 76 ans. Mais son œuvre lui survit, car elle est de tous les temps. Peintre dynamique et passionné, Jean-Paul Jérôme aura jusqu’à ses derniers moments voué sa vie à la peinture. Son ultime tableau, qu’il intitula Ivresse de la vie, constitue à cet égard une œuvre emblématique qui traduit et résume l’ensemble de sa création.

 « Toute ma vie, j’ai aimé la pureté de la forme, la résonnance de la couleur », se plaisait-il à répéter. Avant son décès, Jean-Paul Jérôme aura pris soin de veiller à la pérennité de son œuvre, afin de la préserver pour la postérité. Aujourd’hui, ses œuvres figurent dans de nombreuses collections publiques et privées du Canada, et on ne compte plus le nombre d’expositions et d’écrits qui continuent de lui être consacrés. Car le travail de Jean-Paul Jérôme est toujours bien vivant, pour le plus grand bonheur des amateurs d’art !

C’est ce qui l’amène à  être admis à  l’école des beaux-arts de Montréal o๠de 1945 à  1952, il apprend notamment à  maîtriser les techniques régissant l’art de la fresque, sous la direction de Stanley Cosgrove.

C’est ainsi qu’au terme d’une brève période vouée à  l’expression de paysages et de natures mortes dont il privilégie les manifestations cubistes, il aborde, dès 1953, le domaine de l’abstraction, en laissant dériver sur le lin de larges aplats.

Tout son art se justifie alors à  partir de notions issues de la géométrie, postulats qui, par le dénuement qu’ils impliquent, mènent à  la création d’atmotsphères qui sous-tend un contrôle plastique absolu.

En 1955 il fonde, en compagnie de trois de ses amis peintres, Jauran (Rodolphe de Repentigny), Louis Belzile et Fernand Toupin, le groupe des Plasticiens, dont le Manifeste paraîtra en février 1955, texte qui, tirant ses préceptes de Cézanne et de Mondrian, exercera une influence majeure sur tout ce qui se crée depuis en peinture au Québec.

1993, Atelier La Batelière à Varennes

C’est afin de pousser plus en avant son aventure picturale qu’il séjourne à  Paris de 1956 à  1958, période au cours de laquelle il côtoie Giacometti, Vasarelly et René Mortensen, avec lequel il partagera une profonde passion pour la maîtrise des formes et des couleurs. Il se lie également d’amitié avec les sculpteurs Gilioli, Hans Hartung et Martin Barré, dont il fréquente l’atelier, en plus de suivre de façon assidue les travaux de la Galerie de France et de la Galerie Arnaud, où il exposera l’automne de 1957.

De retour au Canada en novembre 1958, il est agréé comme professeur d’arts plastiques à  l’école des beaux-arts de Montréal, tout en dispensant son art, ses connaissances et sa culture auprès des élèves des Commissions scolaires de Montréal et de Sorel.

Il quittera le monde de l’enseignement en 1973 pour se consacrer entièrement à  la poursuite de son oeuvre picturale, suivant un cheminement incessant qui l’amène à  situer son atelier au milieu des campagnes, sur la rive sud du Saint-Laurent, notamment à  Saint-Ours sur le Richelieu, Saint-Laurent du fleuve, Saint-Roch et Varennes.

Sans pour autant délaisser le lyrisme de ces grands espaces, trois ans plus tard il se donne pied-à -terre au sein de la résidence familiale qu’il vient d’acquérir et dans laquelle il aménage un loft consacré tout entier à  son oeuvre, une aire de création qui sera complétée par un second atelier qu’il nommera l’Antre-lumineux et qui permettra de parachever son expertise et d’accroître la diversité des oeuvres qu’il y crée.

Sa peinture s’impose dès lors auprès des connaisseurs et des collectionneurs, tant ceux du milieu des arts que du grand public qui, assurés d’un accueil aussi chaleureux que conforme au tempérament du peintre, en viennent fréquenter son atelier, qui leur est ouvert sept jours par semaine, de sept heures du matin à  quatre heures de l’après-midi.

En 1978, il devient membre de l’Académie royale des arts du Canada, honneur et titre qui lui sont décernés en reconnaissance de son apport magistral et pour souligner l’importance de son oeuvre.

Jean-Paul Jérôme compte à  son actif plus d’une centaine d’expositions, tant individuelles que collectives, dans des galeries et des musées disséminés aux quatre coins du pays. Ses oeuvres font également partie de nombreuses collections publiques et privées du Canada, tandis que tout son oeuvre et les différentes étapes de son cheminement ont donné lieu à  plusieurs publications.

En 2003, le Musée du Bas-Saint-Laurent, lui rendait un vibrant hommage en représentant une rétrospective de ses oeuvres, exposition qui, au cours des quatre années qui suivent, traverse le Canada tout entier.

Au cours de l’année 2005, le Musée de Sherbrooke dédiait une spectaculaire rétrospective aux Plasticiens, soulignant de la sorte le cinquantième anniversaire de la parution de leur Manifeste et mettant en relief les principales périodes créatrices de Jean-Paul Jérôme.

Ce dernier, cependant, n’aura pu assister à  cette consécration puisqu’il décédait le 14 août 2004, à  l’âge de 76 ans. Mais son oeuvre lui survit car elle est de tous les temps. Peintre dynamique et passionné, il aura jusqu’à  ses derniers moments voué sa vie à  la peinture : Ivresse de la vie a-t-il intitulé son tout dernier tableau, une oeuvre prophétique qui traduit et résume l’ensemble de sa création.

Car, peintre à  la fois mu par un intense passion et une fidélité inébranlable aux postulats de ses débuts, Jean-Paul Jérôme a su s’exprimer à  travers de multiples matériaux et manifester son art et sa sensibilité dans les médiums les plus divers : ses huiles et ses acryliques ont à  la fois comme substrat tout autant le bois, le verre, la céramique, la tapisserie et le vitrail que les papiers et les cartons où le peintre donne libre cours, entre autres, à  des pastels, des fusains, des sanguines et des sépias d’une haute teneur.

2004 Atelier le Colombier, Montréal

Ses sculptures sur laiton et sur bois, ses reliefs et ses monumentales architectures de béton rivalisent fièrement avec ses oeuvres de chevalet et d’établi car si Jean-Paul Jérôme a si parfaitement maîtrisé les arcanes de la peinture c’est qu’avant toute chose, il savait dessiner. Il savait occuper l’espace de la toile comme celui d’un atelier imprégné de musique, de lecture et d’écriture. À un point tel qu’il nous a lui-même laissé des textes dans lesquels il se plaisait à  définir son art et à  cerner les différentes étapes de sa création.

« Toute ma vie, j’ai aimé la pureté de la forme, la résonnance
de la couleur » se plaisait-il à  répéter.

Préalablement à  son décès, Jean-Paul Jérôme a pris soin de planifier la poursuite et la veille de la pérennité de son oeuvre, une oeuvre à la couleur sans cesse épure la forme dans toute la plénitude de sa sonorité.